Les bénévoles

Témoignages

L’enjeu de mon intervention consacrée aux marchés financiers est de rendre les élèves acteurs d’un scénario réel tel qu’il s’est déroulé en bourse par le passé.

Pour les interpeller, j’ai crée un « serious game » sur l’introduction en bourse de Snapchat, une application dont la plupart sont utilisateurs. Chacun y joue un rôle au choix : investisseur de le première heure, sceptique indécis ou celui d’un spéculateur à la baisse. Toutes les données financières et stratégiques utilisées sont réelles. Elles font appel à leur capacité d’analyse, à leur sens critique et à des notions simples de comptabilité.

Ce module interactif sort les élèves de leur zone de confort. Ils doivent s’exposer, argumenter et se projeter.

Mon plus beau souvenir est lié à une intervention au Lycée Siegfried à Paris. Un élève s’était montré vif, percutant et pertinent dans ses réponses. Il disposait manifestement des bons ressorts personnels pour prétendre un jour pouvoir opérer sur les marchés financiers. Je m’en entretiens avec son professeur. C’est alors que lui aussi surpris par le brio exprimé par cet élève m’apprend que ce jeune homme était lourdement pénalisé dans ses études par une dyslexie sévère et qu’il apparaissait la plupart du temps aux yeux de ses camarades comme le cancre de la classe, du fait de ses difficultés orthographiques et syntaxiques.

Le rôle que je l’avais amené à jouer durant deux heures l’avait manifestement éloigné de son statut de dyslexique et lui avait permis de donner toute la mesure de son intelligence, de son audace et de ses talents. Une rencontre que je n’oublierai pas !

Natasha Pouget

Directeur du développement à l’Institut de l’entreprise

Lors d’une intervention au Lycée Erik Satie, dans une classe 1ère Gestion Administration sur les métiers de la DRH la classe m’a demandé de parler de la grève.

A ma question « Et pour vous la grève c’est quoi? » Plusieurs élèves m’ont répondu du tac au tac « La France » et quand je leur ai demandé pourquoi cette réponse, sans hésitation on m’a répondu « Parce que la France c’est la Démocratie ».

Cette vision positive de la France dans une classe préparant entre autres aux métiers des Ressources Humaines constitue un signal pour l’avenir : les Valeurs sont le plus souvent les mêmes pour tous.

Patrick Blum

Tuteur bénévole, Ancien DRH

Je suis intervenue dans une classe de Bac pro comptabilité-secrétariat dans le cadre d’une présentation sur la mode. Bien évidemment, ce sujet les interpelle.

Mon secret est de les impliquer dans le sujet le plus rapidement possible. Au départ, la plupart d’entre eux ne sont pas disposés à écouter mais très vite, leur curiosité s’éveille et leur participation devient active. Les deux heures passent vite, et je sais qu’il me faut les impliquer et les inviter à participer plus concrètement.

Nous décidons de réaliser une collection de maillots de bains hommes. Pour nous orienter sur les tendances du marché, nous allons effectuer une petite étude marketing : réalisation du questionnaire puis enquête auprès des élèves en incluant le professeur à la grande joie des élèves.

A la fin, nous avions une idée précise de la collection à réaliser : formes, tissus, couleurs. J’ai été très agréablement surprise par le résultat !

Isabelle de Maistre

Chef d’entreprise dans la mode luxe

Tout semble opposer l’art et la publicité et pourtant. Pourquoi le plus célèbre des tableaux de Vermeer figure sur tous les paquets de yaourt La Laitière ? Pourquoi la marque Quicksilver s’est-elle inspirée de la Vague d’Hokusai pour réaliser son logo ?

Les élèves d’une classe de terminale mercatique du lycée Jules Siegfried ont trouvé les bonnes réponses : la Laitière et son côté maternelle rassure et incarne la tradition, la vague d’Hokusai – célèbre artiste japonais – insuffle puissance et beauté.

Nous avons décortiqué des affiches, analysé des slogans et comparé des œuvres pour comprendre la puissance de l’image et de l’imaginaire dans notre société.

Confirmation de la sensibilité, voire de la créativité potentielle… de beaucoup de ces jeunes, et de ce que ce type d’interventions peut leur apporter comme ouverture et questionnement pour leur avenir professionnel.

Au terme de cette séance, les questions se succédaient les unes aux autres… passionnés qu’ils étaient.
Une heure de pur bonheur !

Sarah Menu

Diplômée d’histoire de l’art et de médiation culturelle

Lors d’une intervention sur l’apport de l’art africain à l’art moderne, un jeune lycéen qui prenait avec beaucoup d’entrain des notes m’a demandé de lui expliquer une seconde fois la différence entre arts primitifs et arts premiers.

Il voulait comprendre l’évolution du regard des Occidentaux sur les créations artistiques de ses ancêtres. Découvrant avec étonnement la culture de leurs aînés, les élèves se redressèrent fièrement à la sortie du cours et me remercièrent chaleureusement. Quelle émotion !

Catherine Join-Dieterle

Co-responsable pôle Culture C’Possible, Ancienne directrice du musée Galliera

Dimitri avait débuté une seconde professionnelle en accueil mais s’est retrouvé en situation de décrochage car non motivé par ce choix jusqu’à lâcher complètement. Il est sérieux et volontaire mais perdu dans son orientation.

Lors d’un premier entretien, il mentionne tour à tour son intérêt pour le sport, la petite enfance, le nettoyage (profession de ses parents). Petit à petit, il confirme son désir de pouvoir effectuer un stage dans le nettoyage. Je lui ai trouvé ce stage dans une équipe Sodexo à l’hôpital Georges Pompidou. L’ayant rencontré avec son tuteur dans l’hôpital après la première semaine, j’ai la confirmation qu’il est à l’heure, impliqué dans ce qu’il fait, qu’il accepte les remarques et a le souci d’améliorer son travail.

Puis il a demandé à effectuer la deuxième semaine de stage dans l’équipe logistique qui approvisionne les divers services de l’hôpital (et en particulier la cantine avec 3.000 repas servis chaque jour). Il peut ainsi découvrir ce métier qui lui plait. Dimitri a confirmé ensuite qu’il était intéressé par un CAP en logistique.

Grâce à l’approche et la méthodologie proposée par C’Possible, Dimitri a sans doute trouvé sa voie, ce qui est très encourageant pour la suite. Je me sens particulièrement fier d’avoir contribué à aider Dimitri dans son orientation professionnelle.

François Gayet

Responsable pôle Entreprise C’Possible, Ancien DG du Cercle de l’Industrie

Conçue avec la complicité du professeur d’arts plastiques du Lycée Professionnel Gustave Eiffel, la promenade/itinéraire dans laquelle nous avions entraîné les élèves d’une classe de quatrième répondait à plusieurs ambitions.

Inciter les élèves à se risquer au-delà du périmètre habituel de leur établissement. Les amener à s’interroger sur l’histoire du quartier, à en découvrir la singularité et le «caractère». Peut-on définir l’identité d’un quartier ? De quoi est-elle faite ? Du tracé de ses rues et de ses avenues que tant d’autres, avant vous, ont arpentées ? De ses monuments prestigieux ? De la science des architectes ? Encore faut-il prendre la peine de lever les yeux sur les façades, de regarder, de s’attarder… Savoir un peu plus pour voir un peu mieux. Sortir de la cécité de l’habitude, de l’enfermement de l’indifférence, donner l’éveil à la lumière de l’attention, de l’insolite. Autrement dit, faire partager l’amour de Paris en le «donnant à voir». Une manière en somme de se découvrir à son tour parisien… Enfin et surtout, c’est une possibilité pour ces jeunes de mieux comprendre l’histoire de leur pays.

Jérôme Godeau

Historien de l’art, Chargé de mission au musée Bourdelle

J’ai eu la chance d’être référent «entreprises » auprès de plusieurs partenaires dont Zara, L’Oréal, les Galeries Lafayette ou Sodexo. Mes interlocuteurs DRH sont remarquables ; ils le sont par leur politique RH menée auprès de leurs salariés, mais ils le sont également vis-à-vis de notre association par l’ouverture, la bienveillance dont ils font preuve en acceptant d’intégrer dans leurs équipes les jeunes dont nous soumettons la candidature pour des stages. J’ai eu l’occasion d’accompagner 2 jeunes au 1er entretien en tant que futur stagiaire avec la DRH, chez Zara et chez Sodexo et ce qui ressortait était que l’accueil était tel qu’il ne pouvait que donner confiance au jeune.

Un grand coup de chapeau aux équipes enseignantes dans les lycées ! Je n’ai rencontré que des gens très motivés, très au fait des problèmes de décrochage scolaire, connaissant bien individuellement leurs élèves « décrocheurs », prêts à nous aider pour qu’on réussisse ensemble à ramener ces jeunes vers une voie professionnelle active et non pas subie.

Il faut faire preuve de pugnacité et surtout d’espoir, l’enjeu est trop important, du coup on ne désespère jamais, moins on a l’impression de réussir et plus on a envie de continuer. Il m’est arrivé à plusieurs reprises d’attendre une jeune fille au lycée sans qu’elle ne vienne. Quelques jours après, c’est elle qui a sollicité un nouveau rendez-vous. « Patience et longueur de temps », telle peut être la règle à suivre pour nous, tuteurs.

Nicole Gacoin

Tuteur C’Possible, Coordinatrice des tuteurs de l’Ile de France

Le domaine du transport est exigeant : délai, qualité, réactivité…; les recruteurs, souvent des opérationnels terrains (chef de quai responsable entrepôt…) peuvent parfois être « expéditifs ». En peu de temps il faut donc la faire différence !

Au lycée polyvalent Martin Nadaud le professeur en BTS logistique nous a fait part de sa très grande satisfaction : « C’Possible apporte un regard professionnel sur la recherche de stage. Les étudiants sont absolument ravis et je suis convaincue du bienfait de cette expérience pour leur avenir professionnel ».
Une étudiante a également ajouté : « C’Possible m’a appris le bon comportement à avoir dans un entretien d’embauche : ne pas être stressée, ce que l’on peut faire et ne pas faire. L’intervenant m’a aussi conseillé pour compléter mon CV et corriger mes erreurs. J’espère trouver un stage grâce à ses conseils. »

Quand il m’arrive de participer l’année suivante au jury de stage dans ce BTS, j’ai le plaisir de revoir certains de ces jeunes, plus surs d’eux et ayant grandi professionnellement.

Patrick Henry

Tuteur C’Possible, Ancien Directeur Administratif et Financier

Quelle satisfaction d’aider un élève à se révéler lors des simulations d’entretien d’embauche ! Ainsi une élève en gestion-comptabilité se présentait comme très timide et avait effectivement du mal à s’exprimer. Jusqu’à ce que je lui demande en quoi ce poste de comptable l’intéressait. Et là, elle m’explique avec enthousiasme, voire véhémence, que la compta, elle ADORE ça! Et je ne peux plus l’arrêter tellement elle est passionnée. Plus aucune timidité !

Il n’y avait plus qu’à la convaincre qu’une candidate comme elle, je l’embauchais sans hésiter ; à charge pour elle de gérer sa timidité…

Nathalie de Rochechouart

Tuteur C’Possible au lycée Jules Siegfried – classe BTS Terminale, Ex Directeur Marketing

Décrire par un exemple concret le vécu d’un développement de produit ou de marque en partant de sa génèse jusqu’à sa mise sur le marché est un exercice qui permet aux élèves non seulement de comprendre le fonctionnement des différents départements de l’entreprise sous ses différents aspects techniques, mais aussi d’exercer une réflexion sur le rôle déterminant des relations humaines entre les différents acteurs et de l’expression des talents de chacun dans la création de valeur.

Des élèves de 1ère STMG ont ainsi vibré à la façon dont avait été résolue une difficulté rencontrée lors d’un développement concernant les droits d’utilisation d’une nouvelle marque où, sans la persévérance et le talent de négociation, le lancement eut été compromis. Même s’ils n’ont pas été impliqués dans ce projet, cette illustration a suscité beaucoup d’intérêt parmi les élèves, qui se sont projetés très facilement à travers une problématique concrète de l’entreprise. Une première sensibilisation réussie !

Pierre Malaise

Tuteur C’Possible au lycée Jules Siegfried – classe 1ère STMG, Ancien DG Marketing Groupe Yves Rocher

Mon intervention au lycée Jules Siegfried porte sur les relations fournisseurs/distributeurs. L’objectif étant de décrire l’univers de la distribution, la variété des métiers et surtout, de susciter chez les jeunes l’envie de rejoindre le monde passionnant de la distribution !

En présentant ces relations selon les différentes natures de produits et de fournisseurs, nous avons pu aborder de nombreuses thématiques telles que le rôle clé des fonctions achats et marketing, la concurrence des marques distributeurs, la fixation des prix,…et surtout, ce qui est au cœur des enjeux du commerce et de la distribution : le CONSOMMATEUR ; la révolution dans ses comportements d’achat avec la montée en puissance de l’e-commerce et la nécessité de maîtriser l’omnicanal ou le « phygital » (point de vente physique intégrant les méthodes de commercialisation du digital, bornes interactives par exemple).

Le sujet a captivé les jeunes et beaucoup d’entre eux ont posé des questions sur les perspectives de carrière dans ce secteur. J’insiste toujours sur le fait que tout est ouvert et qu’il n’y a pas de limites à la progression (grâce notamment à la formation interne) pour ceux qui sont prêts à s’engager et à travailler dur.

Léon Salto

Ancien PDG de Carrefour France

Attention aux « fake news ». Dans un monde où de nombreuses informations erronées circulent sur Internet, les élèves ont besoin de clés pour comprendre et ne pas se faire instrumentaliser. Je m’emploie à leur expliquer le processus de fabrication d’une information, à ne pas tomber dans les pièges de sites prétendument d’information ou de soi-disant articles. Leurs questions sont pertinentes, me bousculent parfois et je ressors toujours enrichie de ces échanges, qui, je l’espère, sauront aussi leur profiter.

Anne Laure Jumet

Chef Adjoint du Service Economie d’Europe 1