Plus d’1,5 million de NEET(*) en France !
Le chiffre fait froid dans le dos. En France, plus d’1,5 million de jeunes sont des « NEET » c’est à dire qu’ils sont sans emploi, études ou formation. Cette proportion est supérieure à la moyenne européenne et atteint des niveaux bien plus élevés dans les quartiers prioritaires de la ville et certaines zones rurales.
Décrochage scolaire : la première étape vers les NEET
Cette situation a de fortes incidences. Sur le plan humain et sociétal, une mécanique d’exclusion, dont il est difficile de s’extirper, se met en place : décrochage scolaire, fragilisation de la santé mentale, isolement social, comportements à risque… Économiquement, être NEET à un âge précoce fragilise l’accès à un emploi durable, augmente la probabilité d’avoir des revenus inférieurs sur le long terme et de dépendre des prestations sociales. Des coûts qui pèsent lourds sur la collectivité.
Pour répondre à ce défi, l’État et les collectivités n’ont cessé de se mobiliser en développant de nombreux dispositifs animés notamment par les Missions locales, les Écoles de la deuxième chance (E2C), le programme national FSE+ … Des programmes qui aussi bien intentionnés soient-ils, restent curatifs, focalisés sur des jeunes déjà en marge, plutôt que sur des stratégies de prévention précoce.
Agir dès le lycée, moment clé du décrochage scolaire
Car les ruptures significatives ont souvent lieu au lycée, avec presque la moitié des NEET qui ont interrompu leurs études à ce moment-là, ce qui en fait une période critique. De fait, le décrochage n’est donc pas seulement une étape vers les NEET : il en est souvent le déclencheur.
Qu’attendons-nous pour agir en amont et quand il en est encore temps ? Dans d’autres domaines comme la santé, on sait qu’agir en amont (dépistage, prévention) est plus efficace et moins coûteux que de traiter des conséquences avérées. Il en va de même pour l’éducation et l’insertion : investir massivement chez les 15–20 ans lorsqu’ils sont encore scolarisés peut changer radicalement la trajectoire de vie. Cela passe par un meilleur repérage des signaux faibles, une mobilisation de la communauté éducative et des tiers de confiance -associations, acteurs économiques et sociaux, collectivités- un soutien individualisé, des pédagogies innovantes et une orientation active adaptée aux aspirations et compétences de chacun.
Agir en priorité dans les lycées professionnels, qui sont des leviers pour réduire les NEET
Les lycées professionnels et technologiques concentrent aujourd’hui les taux les plus élevés de décrochage scolaire, du fait d’orientations subies, de difficultés d’apprentissage ou d’un manque de perspectives claires. Raison pour laquelle C’Possible tâche d’agir prioritairement en faveur de ces filières en renforçant l’accompagnement individuel (mentorat), l’accompagnement collectif (ateliers) et la relation lycée-entreprise pour espérer ainsi contribuer à réduire les NEET.
Parallèlement à notre action, d’autres initiatives menées par des acteurs très engagés ont des résultats positifs : programmes de tutorat, projets collectifs en entreprise, service civique, accompagnement socio‑psychologique en milieu scolaire ou encore clubs d’orientation active. Ces approches, plus holistiques, créent du lien, renforcent la confiance des jeunes et leur donnent des repères concrets pour se projeter dans des parcours de formation ou d’accès à l’emploi.
Nous avons les moyens de faire mieux. Investissons–dans le soutien préventif des jeunes à commencer par ceux qui rencontrent le plus de difficultés. C’est dans les couloirs du lycée qu’un jeune décide -ou non- de croire encore en son avenir. C’est là que tout commence. C’est là qu’il nous faut être.